La Réserve Zoologique de la Haute-Touche participe à de nombreux programmes conservatoires tels les plans d’élevages européens (EEP), les stud-books européens (ESB) ou les plans nationaux d’action (PNA). Au total, 42 espèces présentes à la Haute Touche sont concernées : Oryx algazelle, Cheval de Prjewalsky, Markhor, Dhôle, Tigre de Sumatra, Guépard, mais aussi vautour fauve, cistude d’Europe, Outarde Canepetière…


La Haute Touche participe à une quarantaine de plans d’élevages (EEP/ESB) et contribue ainsi au maintien de la diversité génétique d’espèces menacées. Parmi ces plans d’élevage figurent des espèces des plus menacées dont certaines sont peu représentées dans les parcs zoologiques :

Un groupe de Cerfs d’Eld (dits du Siam : Laos, Cambodge) dont la population sauvage est quasi éteinte (moins d’une centaine d’animaux) ;

Le cerf du Père David possède la singularité de n’avoir jamais été rencontré en liberté. En effet, cette espèce vivait en Chine, à l’abri des regards indiscrets dans un parc impérial de chasse. C’est en 1865 que le Père Armand David (1826-1900), missionnaire et naturaliste français, découvrit cette espèce. Plus tard, le chargé d’affaire français en Chine, obtint des ministres impériaux qu’ils envoient au Muséum un couple de ces animaux vivants. Heureusement, d’autres animaux suivront en 1870 car suite à des inondations catastrophiques en 1895, le stock impérial fut presque anéanti et le reliquat de la harde fut finalement tué et mangé par les troupes japonaises et occidentales présentes en Chine durant la guerre des Boxers (en 1900). Le dernier animal sauvage fut tué près de la Mer Jaune en 1939. Depuis, la coopération entre établissements zoologiques a permis de sauvegarder cette espèce pour laquelle un programme de réintroduction dans le milieu naturel est mis en œuvre par le gouvernement chinois ;

Le Daim de Mésopotamie originaire d’Iran et d’Irak a vu sa population décliner au cours du siècle dernier du fait de la destruction de l’habitat. Les différents conflits géo-politiques qui se sont succédés ont empéché la mise en place de programme de conservation in situ. Le groupe présent à la Haute-Touche s’accroît chaque année de nouvelles naissances ;

Les Chevaux de Prjewalski, jamais domestiqués et dont il ne restait plus en 1960 que 12 individus captifs au monde, furent sauvés de l’extinction totale grâce aux Parcs Zoologiques. Le Muséum est responsable du programme de reproduction de cette espèce. Fruits de plusieurs programme de réintroduction, plus de 300 chevaux vivent à nouveau libre dans leur territoire d’origine, la Mongolie.

Les élevages conservatoires
La Haute-Touche est également impliquée dans des programmes d’élevages conservatoires d’espèces autochtones : l’Outarde canepetière et la Cistude d’Europe.

L’Outarde canepetière est une espèce autrefois répandue du Portugal à la Mongolie et en Afrique du Nord. Sa disparition d’un grand nombre de pays d’Europe de l’Est est documentée depuis plus de 50 ans. En fort déclin en France depuis plusieurs décennies, l’Outarde canepetière est une espèce "en danger". Les modifications profondes des agrosystèmes opérées depuis 40 ans, sont les causes directes du déclin rapide de la population d’Outarde canepetière. Un programme conservatoire incluant le renforcement de populations a été mis en place sous la responsabilité de la LPO, en partenariat avec le CNRS de Chizé, le Muséum National d’Histoire Naturelle et la Société Espagnole d’Ornithologie. La Réserve Zoologique de la Haute Touche assure un des deux élevages conservatoires d’Outarde canepetière.

La cistude d’Europe – tortue d’eau douce encore commune en Brenne – est le reptile européen qui a connu la plus forte régression de ses effectifs depuis une vingtaine d’année. Elle a disparu de certaines régions françaises et de plusieurs pays européeens. La Réserve a inauguré le 7 juillet 2010 une nurserie dédiée à cette espèce. Incubées et élevées en milieu protégé, les jeunes Cistudes, après avoir atteint une taille suffisante pour résister à la majorité de leurs prédateurs, sont relâchées vers l’âge de trois ans. A l’heure actuelle, les relâchés sont réalisés sur le bassin versant du lac du Bourget. A l’avenir ce projet est destiné à s’étendre en Alsace (Petite Camargue alsacienne) et à d’autres pays européens. Chaque année, plus d’une centaine de tortues sont élevées afin d’alimenter les programmes de réintroduction réalisés dans le cadre du Plan National d’Action de l’espèce (PNA) mis en place en 2010.
 

Le projet "Conservation – Cistude" fut cofinancé par la Caisse d’Épargne Centre – Val de Loire.

Pour en savoir plus sur la conservation ex-situ des espèces animales