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Ibis sacré © MNHN - P. Roux

Ibis sacré

Espèce vénérée par les Egyptiens, l’Ibis sacré, Threskiornis aethiopicus, ne vit plus désormais qu’en Afrique sub-saharienne. En France, des populations, échappées de parcs zoologiques, se sont constituées notamment le long des côtes atlantique et méditerranéenne.

Fiche d'identité

Classe, ordre et famille :

Sauropsides, Pélécaniformes, Threskiornithidés

Genre :

Threskiornis

Espèce :

aethiopicus

Taille et poids :

75 cm de long ; 1,20 m d’envergure ; 1,5 kg maximum

Incubation :

~ 28 jours, 2 à 4 œufs

Habitat naturel :

Zones humides, prairies, estuaires, champs cultivés

Régime alimentaire :

vers, amphibiens, mollusques, insectes, poissons…

Région d'origine :

Afrique sub-saharienne, Madagascar

Statut UICN : 

LC, préoccupation mineure

Mode de vie

En groupe, les ibis fouillent la vase en chassant “au toucher” : grâce aux nombreuses terminaisons nerveuses de leur long bec, ils détectent aisément leurs diverses proies dans des eaux troubles ou boueuses. Tout est bon à manger ! Si l’essentiel de leur alimentation se compose d’insectes, ils ne dédaignent pas les petits poissons, les rongeurs, les mollusques, les crustacés, les amphibiens et leurs têtards, les oeufs d’oiseaux et même les déchets.

Le soir venu, ils se regroupent par centaines dans des « dortoirs ».

Signes distinctifs

Oiseau de taille moyenne, l’Ibis sacré à un plumage blanc sauf le bout des ailes et le bas du dos qui sont noirs. La tête et le cou, également noirs, sont dénudés chez les adultes. Chez les jeunes, ils sont emplumés jusqu’à l’âge de 2-3 ans. Le bec, épais et recourbé, est plus court chez la femelle.

Anecdote

Incarnation de Thot, dieu de l’écriture, des mathématiques et de la parole, protecteur des scribes, l’ibis sacré était vénéré chez les Egyptiens et quiconque tuait cet oiseau encourait la peine de mort. Les esprits de nombreux ibis momifiés, retrouvés dans les tombeaux, devaient accompagner les pharaons vers leur dernière demeure spirituelle.

Les ibis ont disparu d’Egypte dès la première moitié du XXe siècle, trop recherchés pour leur chair et leurs plumes. Ils sont cependant encore très présents en Afrique subsaharienne où leur survie dépend de leur protection et de la préservation de leur habitat sans cesse dégradé par l’homme, en particulier les zones humides. En dehors de leur milieu, on peut aujourd’hui les trouver autour des industries alimentaires et des décharges à l’image de nos goélands.

 

En France, plusieurs centaines d’ibis sacrés, issus d’individus échappés de parcs zoologiques dans les années 1980, ont colonisé une partie des côtes atlantique et méditerranéenne, menaçant les pontes d’espèces nicheuses locales comme les sternes, les aigrettes, les vanneaux… Des prélèvements ainsi que des opérations de stérilisation sont effectués en Loire-Atlantique, dans le Morbihan et en Vendée afin de réduire le nombre de reproducteurs et de préserver la faune locale.

Ibis sacrés © MNHN - P. Roux
Ibis sacrés © MNHN - P. Roux
Ibis sacré © MNHN - P. Roux