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Bâtiment de la Réserve © MNHN - F-G Grandin

L'histoire de la Réserve

De 1958 à 2018 : découvrez 60 ans d’histoire.

Du château au parc animalier

À l’origine, le domaine de la Haute-Touche était une dépendant du château d’Azay-le-Ferron. Construit au XVe siècle, après avoir appartenu à plusieurs grandes familles, notamment à Grégoire Michel, banquier des armées napoléoniennes, le château fut vendu au XIXe siècle à la famille Luzarche, famille de Maîtres de Forge.

L’histoire de la Réserve peut se résumer autour de ses dates majeures :

1958 - La famille Lebaudy, d’Azay le Ferron, lègue le château d’Azay à la ville de Tours et la Réserve Luzarche au Muséum national d’Histoire naturelle.
Le Parc de la Haute-Touche devient une réserve et un centre de reproduction pour les animaux des Parcs Zoologiques de Paris et de la Ménagerie du Jardin des Plantes.

1980 - La Réserve Zoologique de la Haute-Touche est ouverte au public à la suite de l’arrivée des bisons d’Europe, offerts par le Premier ministre polonais M. Gierek, au Président Giscard d’Estaing. L’espace naturel disponible permet d’aménager de vastes enclos qui autorisent la reproduction en groupe importants d’espèces souvent menacées dans le milieu naturel.

1988 - Des aménagements permettent de mieux accueillir le public : création de “l’étang africain", ouverture de la première partie du parcours ("safari européen"), observatoires, nouvelles structures d’accueil.

2000 - Inauguration du laboratoire de recherche dédié à la procréation assistée des espèces animales sauvages.

2008 - Création du centre d’élevage conservatoire de l’Outarde canepetière.

2010 - Création de la nurserie des Cistudes (tortues d’eau douce), dans le cadre d’un programme de sauvegarde et de réintroduction.

2011 - Aménagement d’un espace d’élevage et de recherche pour les cervidés.

2015 - Création de l’unité d’élevage expérimental de sangliers dans le cadre du projet archéozoologique DOMEXP (domestication expérimentale du sanglier)

2017 - Ouverture de l’espace asiatique

Image d'archives de la Réserve zoologique de la Haute-Touche © MNHN
Image d'archives de la Réserve zoologique de la Haute-Touche © MNHN
Image d'archives de la Réserve zoologique de la Haute-Touche © MNHN
Image d'archives de la Réserve zoologique de la Haute-Touche © MNHN
Cervidés à la Haute-Touche © MNHN

La Réserve aujourd’hui

Le plus vaste parc animalier de France

Au coeur d’un domaine forestier de 436 ha, la Réserve héberge plus de 1 300 animaux appartenant à 120 espèces animales originaires des cinq continents. Herbivores (cervidés, antilopes, bouquetins, mouflons, camélidés) - carnivores (loups, tigres, lynx et une espèce exceptionnelle, les dhôles) - primates (lémuriens, babouins…) et des oiseaux (pélicans frisés, ibis, flamants…) disposent de vastes enclos ombragés intégrant plusieurs étangs, offrant aux visiteurs un cadre naturel, paisible et authentique.

L’espace dont dispose la Haute-Touche permet d’accueillir, dans les meilleures conditions, des animaux vivant en hardes ou en meutes. La majorité des enclos sont d’une superficie de 2 à 3 hectares, voire plus. Un tiers des animaux de la Réserve sont des cervidés (cerfs, daims, élans). 21 espèces et sous-espèces sont présentées et disposent d’enclos spacieux, ce qui permet la gestion de groupes importants, offrant ainsi de bonnes conditions pour la reproduction, notamment celle d’espèces rares, voire éteintes à l’état sauvage.

Un lieu d’éducation

Le service pédagogique propose de nombreuses animations, visites guidées et conférences adaptées à tous. La diversité des espèces présentées permet d’initier notre public à la zoologie et l’écologie, d’aborder des thèmes généraux (les comportements, l’alimentation, la locomotion…) et d’appréhender les menaces qui pèsent sur la biodiversité (raréfaction des espèces, dégradation des milieux naturels…).

Forte de son expérience, l’équipe pédagogique de la Haute-Touche peut vous accompagner dans la mise en œuvre de vos projets de visite et d’éducation à l’environnement, au développement durable et à la préservation de la biodiversité.

Un lieu de conservation et de recherche

La Réserve est le seul établissement zoologique français bénéficiant du statut de laboratoire de recherche.

Si de nombreux travaux relevant de disciplines telles l’éthologie, l’archéozoologie ou la médecine vétérinaire y sont menés, la thématique de recherche prioritaire porte sur la reproduction et notamment la mise au point de techniques de procréation assistée (insémination artificielle, fécondation in vitro…) et la gestion d’une cryobanque (conservation de semences, embryons, tissus ovariens…). Les travaux de notre équipe de recherche ont pour finalité l’amplification de la capacité reproductrice d’espèces à très faibles effectifs et la conservation de la génétique de ces populations sur le long terme.

Bien-être animal

Au-delà de l’espace disponible qui permet la gestion de groupes reproducteurs importants, la connaissance et l’étude des comportements permettent d’améliorer les conditions de vie des animaux en vue de leur offrir un environnement correspondant au mieux à leur biologie. En captivité, les animaux sauvages n’ont pas autant d’activités que dans la nature, pas de nourriture à rechercher, de territoire à défendre, de prédateurs à redouter… L’enrichissement du milieu contribue à favoriser l’expression de comportements naturels, par la proposition de stimulations variées : structures favorisant le jeu (cordes, branchages, lianes), recherches de nourriture…

Chaque année, la Réserve enregistre quelques 250 naissances toutes espèces confondues. Si celles-ci peuvent avoir lieu tout au long de l’année (les cerfs d’Eld, les muntjacs ou les cobes à croissant) la plupart des naissances interviennent au tout début du printemps comme chez le cerf élaphe, le daim, le chevreuil. Les jours qui rallongent et le retour de la belle saison déclenchent la reproduction chez la plupart des oiseaux. Les mois d’avril, mai et juin sont donc les plus propices pour observer les oisillons et jeunes de nombreux mammifères.

Chaque jour est porteur d’une nouvelle surprise : ici une portée de marcassins cavale derrière la laie, ailleurs les faons des diverses espèces de cerfs intègrent les troupeaux, plus loin une jeune antilope se dresse maladroitement peu de temps après la naissance, les wallabies ne vont pas tarder à sortir leur frimousse de la poche marsupiale de leurs mères, les dhôles et les loups attendrons quelques semaines avant de se montrer hors de leur tanière. Les cistudes d’Europe et les tortues d’Hermann vont pondre au mois de juin, et les jeunes tortues naîtront à la nurserie, au cours du mois d’août.
Si observer les nouveaux nés est un enchantement pour les visiteurs, ces nombreuses naissances représentent également un enjeu de conservation pour les nombreuses espèces menacées qui peuplent le parc.

Éclosion de cistudes © G. Martin
Flamants roses avec un jeune © MNHN - P. Roux