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Cistude d'Europe © MNHN - P. Roux

Cistude d’Europe

La cistude d’Europe, Emys orbicularis, est l’unique espèce de tortue d’eau douce française. Jusqu’au XIXe siècle, elle a occupé de grands territoires dans toute l’Europe, la Russie et l’Afrique du Nord. Aujourd’hui en déclin, elle fait l’objet d’un plan de réintroduction auquel participe activement la Réserve Zoologique de la Haute-Touche.

Fiche d'identité

Classe, ordre et famille :

Sauropsides, Testudinés, Emydidés

Genre :

Emys

Espèce :

orbicularis

Sous-espèce :

orbicularis

Durée de vie :

jusqu’à 50 ans

Taille et poids :

11 à 19 cm; 1 kg maximum

Incubation :

~ 3 mois, 4 à 18 œufs

Habitat naturel :

étangs, marécages

Régime alimentaire :

insectes, petits vertébrés

Région d'origine :

Europe

Programme de conservation :

un Plan National d’Actions (PNA) a été créé. En complément, le Muséum national d'Histoire naturelle, à la Réserve Zoologique de la Haute-Touche, élève ces tortues en captivité en vue de renforcer les populations sauvages.

Statut UICN: 

Quasi menacé

Mode de vie

La cistude, surnommée parfois tortue bourbeuse, vit dans les zones humides aux eaux douces, calmes et bien ensoleillées : marais, étangs, fossés, cours d’eau lents, canaux, ruisseaux. Elle apprécie les fonds vaseux et la végétation aquatique abondante. Elle recherche les troncs d’arbres flottants pour s’exposer au soleil mais reste prête à s’immerger au moindre danger.

L’accouplement a lieu dans l’eau, la femelle ira pondre à plusieurs centaines de mètres de la rive.

Durant l’hiver, la cistude va vivre au ralenti, à l’abri dans la végétation aquatique ou enfouie dans la vase.

Signes distinctifs

La cistude, avec ses pattes palmées, sa carapace lisse et aplatie, a une forme hydrodynamique qui la distingue des tortues terrestres. Elle a une queue relativement longue comparée aux autres tortues. Des griffes aux doigts lui permettent de creuser le sol.

On reconnaît les mâles à leurs yeux rouges tandis que les femelles, beaucoup plus grosses, et les jeunes ont les yeux jaunes.

Anecdote

Aujourd’hui, la cistude est le reptile européen qui a connu la plus forte régression de ses effectifs depuis une vingtaine d'années. En déclin dans toute son aire de répartition, elle est une espèce menacée qu’il faut sauvegarder. La sauvegarde de la Cistude d’Europe passe nécessairement par la préservation des zones humides.

La Réserve Zoologique de la Haute-Touche a inauguré le 7 juillet 2010 une nurserie réservée à cette espèce. Incubées et élevées en milieu protégé, les cistudes seront relâchées vers 3 ans, pour reconquérir les territoires d’où elles ont disparu. L’objectif : produire 150 tortues par an afin d’alimenter les programmes de réintroduction dans le cadre du Plan National d’Action de l’espèce (PNA) mis en place depuis 2010. A l’heure actuelle, les lâchers sont réalisés sur le bassin versant du lac du Bourget. A l’avenir ce projet est destiné à s’étendre en Alsace et à d’autres pays européens.

Éclosion de cistudes © G. Martin
Cistudes d'Europe à la Réserve © MNHN - P. Roux
Cistude d'Europe © MNHN - P. Roux

Parrainez le groupe de cistudes d’Europe

La Réserve est un centre de sauvegarde et d’élevage de cistudes. Après l’éclosion, les jeunes sont élevés dans la nurserie pendant 2 ans, avant d’avoir accès à l’extérieur. Tous les ans, la Haute-Touche réintroduit, avec le Conservatoire de Savoie, de jeunes tortues de 4 ans dans les bras d’eau du lac du Bourget afin que les cistudes repeuplent cet environnement où elles ont disparu.

Cistude d'Europe © MNHN - F-G. Grandin

Caroline, l’une des tortues du groupe, est âgée de 25 ans. Elle a éclos au sein de la Réserve. Si le groupe est constitué d’une cinquantaine d’adultes, mâles et femelles, plus d’une centaine de jeunes naissent chaque année au sein de la Réserve.